Vigilance: Daniel Guzmán & Luis Felipe Ortega, Plasticiens

Abraham Cruzvillegas
Art Scenes. La revue de tous les arts no. 10 «Être public»
Primavera, 1996
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I’on parle de Daniel Guzmán et de Luis Felipe Ortega, surnommés El Tasajo (viande boucanée) et El Mezcal.
Le Mezcal n’a pas de pedigree mais seulement un ordinateur, un cendrier, un chat baptisé le «Ver du Mezcal» par Valeria et des livres ; avec leur aide il s’est construit pas á pas son propre Panoptikon pour «surveiller» avec une énergie particuliére et paradoxale une brochette de philosophes et penseurs français de récent acabit. Son oeuvre est le fruit de cette veille. Parfois aussi, arborant un appareil photographique Polaroïd, il s’emploie á capturer des situations dignes d’observation en des termes plus politiques. Il aime dire des grossiéretés, ce qui le rend sujet á corrections.

Bien entendu, qui connaît Le Mezcal connaît Le Tasajo alias Daniel Guzmán, un dessinateur très sympathique. Il y en a méme qui en sont arrivés á les confondre et méme personne pouvaint étre á deux endroits en méme temps.

Le Tasajo est un guetteur de la société : trahit sua quemque voluptas ? Son regard embrasse les jolies jeunes filles, les partis politiques, les groupes musicaux qui portent les cheveux long, les négres racistes, le cinéma vérité, les collants et les soutiens-gorge Wonderbra, les romans-photos entre autres calamités et aberrations.

Au milieu du panorama de I’Art Contemporain, Luis Felipe Ortega et Daniel Guzmán pourraient apparaitre comme les personnages d’eux mêmes : vigies attentives dans un phare de I’occident, veillant a fin de dénoncer tout ce qui tend á s’ériger en porteur de vérités absolues ou afin de détruire ceux qui veulent détruire ceux qui veulent ceux…

Sans aucun doute, ils ont besoin de quelqu’un qui appelle leur attention.